Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog


31/03/2012

HASARD OBJECTIF

En 1972, je publiai chez Seghers (collection "cinéma d'aujourd'hui") mon premier ouvrage: Alain Robbe-Grillet, consacré à ce cinéaste-romancier. Il était né d'une rencontre particulièrement enrichissante.

Or, celle-ci, qui allait décider de l'orientation que prendrait ma vie professionnelle (et personnelle dans une moindre mesure) durant les trente années suivantes, est survenue au terme d'un enchaînement de circonstances si étonnant qu'il relève assurément de ce qu'André Breton aurait appelé le hasard objectif. Qu'on en juge.

Tout commence à la fin des années 50 quand un copain, boulimique lecteur devenu pendant un temps mon mentor, me recommande la lecture du Voyeur. Le livre me laisse dans un grand état d'irritation: j'ai le sentiment de n'avoir rien compris et pourtant je suis fasciné.

Le même sentiment se reproduira un peu plus tard avec L'année dernière à Marienbad. Avec la lecture aussi de La jalousie. L'immortelle, à son tour et, à un degré moindre, Trans-Europ-Express feront naître de loin en loin cette ambivalence. Bref, sans être une obsession - bien d'autres films, bien d'autres lectures vont occuper le devant de ma scène culturelle -Robbe-Grillet ressemble à une écharde qui s'incruste sous la peau.

Dans la même période, comme tout étudiant en Lettres qui se respecte, je lis quelques-uns de ces ouvrages que la pruderie gaulliste, sous l'oeil sévère de Tante Yvonne, voue aux Enfers ou aux ciseaux d'Anastasie:L'image, paru aux éditions de Minuit, signé d'un certain Jean de Berg, dont on savait à l'époque que c'était un pseudonyme.

Quelques petites années passent, d'autres lectures, d'autres horizons m'ouvrent de nouveaux centres d'intérêt: dans des conditions non-professionnelles, je réalise trois courts métrages de fiction. Dans le même temps, un ami plus jeune me fait part de son enchantement à avoir découvert le livre, toujours interdit, qu'est L'image. Ce qui provoque chez moi l'envie de le relire.

Au fil des pages, j'ai alors la brusque conviction que je sais enfin, moi, le petit provincial, ignorant des potins parisiens, qui se cache derrière le "Jean de Berg" de la couverture: c'est Alain Robbe-Grillet.

A quelques semaines de là, mon dernier film: Faustin, désormais... est programmé aux Rencontres Nationales du jeune cinéma non-professionnel de Rouen (février 1970). Et cette année-là le parrain de cette manifestation n'est rien moins que le cinéaste-romancier Alain Robbe-Grillet.

Profitant de la fin d'une séance de dédicaces, je m'approche et lui demande: "Si j'avais L'image, est-ce que vous me  le dédicaceriez?" Au regard d'étonnement, je sens que j'ai accorché quelque chose, mais on me répond: "Mais non pourquoi le signerais-je puisque l'auteur est Jean de Berg?"

Etait-ce ma question, était-ce réellement l'intérêt qu'il avait porté à mon film? pendant la rencontre, à deux ou trois reprises, nous discutons de ses films, de cinéma et même de mon propre court métrage qu'il me dit avoir aimé. Le dernier soir, au restaurant, il me glisse en aparté: "Vous savez, Gardies, dans un couple, on peut avoir des fantasmes communs."

Cette confidence qui confortait à demi mon hypothèse, ajoutée à l'extraordinaire sentiment que j'avais eu d'apprendre en quelques rapides échanges beaucoup plus sur ma pratique de modeste réalisateur qu'en des mois et des mois de travail, me décida non seulement à tout faire pour garder le contact avec Robbe-Grillet, mais encore à me lancer dans une exploration plsu systématique de son oeuvre afin de tenter de lever l'écharde que j'avais sous la peau. Durant dix ans j'allais me consacrer à cette approche.

Passablement de questions ont reçu des réponses tandis que de nouvelles surgissaient. L'écharde a la vie dure.Mais une certitude demeure: mon itinéraire intellectuel en a été particulièrement et positivement marqué.

 

  Texte que j'ai publié, en 2010, dans Alain Robbe-Grillet, Balises pour le XXI° siècle (Presses de l'université d'Ottawa et Presses Sorbonne Nouvelle, pp.534-535), en introduction d'une série de lettres qu'Alain Robbe-Grillet m'avait adressées à l'époque de la rédaction de mon premier ouvrage

16/04/2010

LE JOURNAL

  Le texte qui suit est extrait de mon premier récit: Derrière les ponts, éd. Climats, 2002. En ces temps de crise peut-être reviendra-t-on à ces pratiques d'économies?

   L'enfance évoquée se situe au début des années 50.

 

 

 

                                          LE JOURNAL                                              

 

 

 

Il faisait son apparition le soir dans la cuisine, peu avant les assiettes de soupe et les informations radiodiffusées. Soigneusement replié durant tout le temps du repas (qui se déroulait sous la voix crachotante du poste à lampes), il se déployait à nouveau jusqu'à l'heure du coucher. Dès l'instant où il s'ouvrait, c'était à nous de nous taire. À la durée du silence qu'il imposait se mesurait son importance. De façon annexe aussi : aux volées de jurons que sa lecture provoquait. Tous les fieffés menteurs de politicards, cocos ou pétainistes, toute la cohorte des voyous, fainéants et profiteurs de guerre étaient régulièrement conviés à partager notre soirée. Alors, fragmentaires et énigmatiques, comme venues d'un au-delà étrange et inconnu, tombaient les nouvelles de ce monde adulte que symbolisait le journal déployé.

Pourtant, dès le lendemain matin, vanité du temps qui passe, il subissait une forte dévaluation en échouant sur le buffet, entre le poste et le compotier. Les jours suivants, la chute de son cours s'accentuait à mesure que grimpait la pile des journaux ultérieurs. Enfin, sa cote avoisinait le zéro lorsque, la place venant à manquer, il fallait songer à soustraire les exemplaires jaunissants et poussiéreux.

Il entrait alors dans un second cycle au cours duquel, ayant changé de système, sa valeur, quoique inférieure à celle du premier état, amorçait une légère remontée avant de se dégrader à nouveau. Il faisait office d'auxiliaire ménager. Aussi le retrouvait-on étalé sur la table de la cuisine, accueillant les épluchures matinales, ou le soir, lors du nettoyage des chaussures, protégeant le carrelage contre les projections intempestives de cirage. Véritablement bon à tout faire, il emballait les légumes, tapissait les étagères, nettoyait les vitres, garnissait les poubelles au fond desquelles il achevait sa deuxième carrière, miséreux, fripé, souillé, bon à rien sinon à une proche putréfaction.

Cependant il arrivait que sa fin fût plus éclatante, particulièrement l'hiver lorsque, d'une flamme claire et vivace il lançait le ronronnement du fourneau. Ne restaient alors de lui que ces papillons noirâtres que le tisonnier, en bousculant les bûches rougeoyantes, faisait voleter au-dessus du foyer.

 

 

Le journal qui parvenait entre les mains de la ménagère ne ressemblait donc guère à celui qui s'ouvrait dans le silence du soir. Non que sa forme eût changé, puisqu'il ne différait que par le jaunissement poussiéreux, mais sa matière n'était pas la même. Entre les mains de l'oncle, seuls comptaient la chose écrite, le texte imprimé qui ouvrait directement sur le monde. Dans sa dimension planétaire, avec les conflits internationaux, aussi bien que dans sa portée locale, avec la chronique de l'état civil, le journal reliait la cellule familiale au corps social ; au-delà du cercle de lumière jaunâtre que dispensait l'ampoule électrique (25 watts) s'étendait l'univers fantastique, quelque peu abstrait aussi il faut bien l'avouer, des traquenards politico-guerriers, des chiens accidentés, des crimes nocturnes, des plans mystérieux d'un certain Marshall ou encore de ces chutes incompréhensibles dans les "cabinets" ministériels. La ménagère, elle, ne connaissait que le papier-journal qui se connectait, lui, sur l'univers domestique seul, dans un rapport d'utilité immédiate, n'ayant d'autre relation avec les objets que celle, pragmatique et matérielle, d'une proximité voire d'un contact physique.

À la fonction noble de communication, inscrite au cœur de l'échange social, succédait la fonction plébéienne d'auxiliaire domestique qui, elle, s'inscrit dans l'espace clos du servage.

Par le trajet qu'il suivait en passant des mains avunculaires à celles de la ménagère, par le changement de statut qui sanctionnait cette mutation, le journal ne manquait pas d'attester l'autorité maritale et adulte.

Cependant une troisième voie s'offrait à lui, par la grâce de laquelle cette hiérarchie s'estompait dans un égalitarisme accompli.. Là, enfants, adultes, hommes et femmes, nulle distinction. Seul était reconnu l'individu, mais pour être aussitôt nié dans son corps. Le journal échouait dans les cabinets.

Froissé en boule dans un coin, souvent amolli à cause de l'humidité (les doigts en faisaient régulièrement l'expérience désagréable lorsqu'il se déchirait) ou soigneusement découpé en feuillets rectangulaires (généralement au huitième d'une page) que l'on accrochait ensuite à un clou rouillé ou que l'on empilait sur le rebord de la petite fenêtre d'aération, le “ fenestron ” (comme le disait si bien, s’agissant des W-C, l’idiolecte familial), le journal nous accompagnait dans sa déchéance. Dans les lieux d'aisance, voué à la plus basse besogne, sa puissance s'effondrait lamentablement.

Cependant, solidaire de mon exil provisoire, il se faisait complice de mes jeux solitaires. L'hiver surtout. Sitôt que les premiers froids ou les premières pluies de l'automne rendaient problématique l'usage des installations de plein-vent, la porte du W-C intérieur nous était ouverte (par son emplacement au fond d'un corridor, sous la montée d'escalier, et par son absence de chauffage, il n'échappait nullement à la loi générale de la mise à l'écart). L'hiver donc, je pouvais pousser soigneusement la targette qui, par son cliquetis, m'assurait contre les agressions externes et pénétrer, en dépit du froid humide qui régnait là dans un domaine d'une qualité rare. Le confort d'une cuvette à abattant de bois autorisait de longues stations sans risque d'ankylose douloureuse ; le plafond, en épousant la ligne de pente de l'escalier, s'abaissait jusqu'à former une alcôve de chaude intimité; les murs, proprement ripolinés de blanc, chassaient toute idée de souillure, tandis qu'à l'inverse le carrelage marbré et veinuré proposaient le spectacle fascinant de ses figures phantasmatiques.

C'était un lieu de rêve, non pas dont on rêve, mais où l'on rêve. Et, suprême plaisir, sur le rebord du fenestron s'empilaient les feuillets découpés du journal à qui je redonnais, durant un moment, les lustres de sa splendeur passée en déchiffrant les récits fragmentés de ses morceaux épars. Reconnaissant et fidèle, il me remerciait à sa manière puisque, grâce à lui, je pénétrais comme par effraction dans le monde des adultes.

À vrai dire ce n'étaient pas tant les querelles politiques de la quatrième république, les péripéties de la guerre froide ou les combats toujours héroïques de nos valeureuses troupes en Indochine qui me passionnaient, mais plutôt les pages roses de Marius ou les feuilles vertes du Hérisson.

Me fascinaient alors les dessins prétendument "désopilants" et les récits réalistes dont ces deux hebdomadaires couvraient leurs pages. Car c'était là que je découvrais ces figures délicieuses aux corsages transparents, aux robes froissées, parfois, suprême volupté, à demi dévêtues, qui me faisaient prolonger, bien au-delà de l'heure du repas, mon séjour dans l'alcôve froide, si bien que de retour à la cuisine je n'avais droit, selon l'importance de mon retard (ou l'appétit des convives) qu'au légume, au fromage ou au dessert, avec cependant, à titre de probable compensation, un regard courroucé accompagné éventuellement d'une taloche. Mais peu importait, la force du mirage l'emportait sur cette triviale réalité.

J'adorais surtout les surprises provoquées par le découpage aléatoire des feuillets. Bien souvent le couteau aveugle, en suivant une ligne de pliure, avait disjoint les vignettes en deux parties irréconciliables. Indifférent au carnage, il tranchait allègrement les têtes, sectionnait des membres, amputait d'un sein les poitrines débordantes, rabotait les fesses des Vénus callipyges ou fendait les corps comme des abricots charnus.

Commencée sur le bord droit de l'image, l'histoire de ces jambes nues allongées sur l'herbe s'interrompait brusquement à gauche, sur les franges fibreuses du papier déchiqueté. Et ce qui n'était peut-être à l'origine qu'un incident comique de pique-nique devenait une étrange cérémonie secrète et violente dont le rituel exigeait le silence glacé d'un espace immobile. Ces cuisses disjointes et nues s'ouvraient, là-bas, sur la forêt moite d'un sexe démesuré. C'était la fille de la ferme voisine. Elle avait profité de la sieste pour s'échapper de la maison et se réfugier ici, dans ce lieu qu'elle seule connaît. Sous la chaleur de l'après-midi, elle a commencé de dégrafer un à un les boutons de sa robe, sur son épaule a fait glisser la bretelle du soutien-gorge puis, des deux pouces tirant sur l'élastique, elle a fait rouler le slip sur ses chevilles. Maintenant, le sexe ouvert au soleil, elle feuillète un livre. Un livre de viols et de tortures. Peu à peu sa main libre est descendue, deux doigts ont disparu. Attentive encore à l'histoire qu'elle lit, elle se contente d'un effleurement pensif, mais bientôt, après un instant d'équilibre, le plaisir se déporte vers le ventre et, avec une violence appliquée, quoique plus désordonnée à mesure que l'histoire approche de son terme, elle se caresse.

Les yeux fermés, attentive à sa jouissance, elle ne voit pas l'homme - ou l'enfant peut-être - qui, abrité des regards, la regarde, et dont la main, refermée sur son sexe bandant, va et vient jusqu'à ce qu'il éjacule, au moment où, ventre tendu, elle-même jouit.

Ce n'est qu'en essuyant ses doigts poisseux qu'elle découvre le regard de l'autre. Honteuse, elle prend subitement conscience de l'heure, froisse les feuillets roses du livre, se rhabille précipitamment et s'apprête à sortir. Je tire alors la chasse d'eau. Au fond de la cuvette, les boules de papier souillé tourbillonnent encore sous le flot tumultueux, avant de disparaître définitivement, aspirées par la bouche obscure du siphon.

L'eau résiduelle, devenue claire et transparente, s'apaisait en une nappe silencieuse et mélancolique.

 

 

08/02/2010

Quand résonne la chambre d'écho

 

 

 

 

 

 

    QUAND  RESONNE LA CHAMBRE D’ECHO

 

    C’est à l’écrivain et photographe Denis Roche que l’on doit, par emprunt à l’écholalie propre au domaine psychiatrique, le joli nom de « photolalie » par lequel il désigne ce jeu d’échos, de répétitions et parfois d’étonnant bégaiement qui se glisse entre deux photos lorsqu’elles ont été prises, à plusieurs années de distance, avec le même sujet et le même cadrage.

 Suivant la même pratique du détournement, j’aurais donc envie de parler de « lectolalie » pour nommer les quelques lignes qui suivent.

    En effet, elles sont écrites en écho à l’émotion suscitée par la lecture d’un roman de José Luandino Vieira, Nous autres, de Makulusu (et le texte critique qu’en a fait Antoine Barral dans le Magazine en ligne n°3 du site : Autour des Auteurs.com).

    Durant cette lecture, je n’ai cessé d’avoir à l’esprit (au cœur, serait plus juste) un autre texte, une autre œuvre, cinématographique celle-ci : La double vie de Dona Ermelinda, court-métrage documentaire d’Aldo Zee. L’émotion née de l’un entrait en résonance avec celle née de l’autre. Et c’est cet effet d’écho, lorsqu’il fait jouer deux textes selon un jeu complexe de résonances, que je voudrais désigner sous le terme de « lectolalie. 

    Ainsi, du roman de Vieira (et de ce qu’Antoine Barral en souligne) au film d’Aldo Zee, s’est développée très vite une première résonance, dans le registre du grave et de la durée, liée au monde lusophone de référence : l’Angola pour l’un, le Mozambique pour l’autre, tous les deux, comme on sait, anciennes colonies portugaises. J’ai, ailleurs et dans un autre contexte(1), détaillé les raisons personnelles et intimes  pour lesquelles le Mozambique suscitait en moi tant d’émotion. Je ne les reprendrai pas, mais à coup sûr elles ont tenu un rôle tout semblable dans ma lecture de Nous autres, de Makulusu.

    Comme un violon secret, chacun porte en soi certaines cordes que la vie a tissées et qui ne demandent qu’à être effleurées pour se mettre à vibrer ; et il appartient à certaines œuvres de nous les révéler.

    Surtout lorsque, dans le roman comme dans le film, le narrateur dit « je ». On sait combien le recours à cette première personne favorise l’identification du lecteur/spectateur et ne manque pas de jouer avec l’intensité des affects : même poignante émotion à partager, dans le roman, l’affliction née de la disparition du frère cadet et, dans le film, la quête douloureuse d’un secret familial. Alors, tout en suivant, dans le roman, les déambulations de « l’Ainé » à travers certains quartiers de Luanda, je n’ai pu m’empêcher d’avoir en mémoire ces lieux de Maputo si riches en émoi que montre le film : le Centre Culturel devenu salle de danse ou l’ancienne villa familiale. De superposer aussi à l’évocation de ce frère disparu, source d’amour et d’admiration, celle de cette grand-mère étrange et mystérieuse qui, à la décolonisation, a choisi de devenir mozambicaine.

    Et l’on entre là dans une nouvelle chambre d’écho, celle où le livre et le film disent leur même rejet du colonialisme en rapportant le déchirement des deux héros. Celui né de la difficulté affective et surtout sociale qu’entraîne le choix de la rupture avec son clan d’origine. « L’Ainé » de son côté, Dona Ermelinda du sien ont rejeté leur identité portugaise, pour choisir de devenir qui angolais, qui mozambicaine, quitte à entrer en conflit avec la famille et la société blanche. Ce qui ne va pas sans scandale pour cette Dona Ermelinda qui, semblable à cette « Vieille dame indigne » de René Allio, a eu non pas une double vie mais deux vies : la première, faite de conformité bourgeoise au monde des petits colons, la seconde, au moment de l’indépendance, libre et riche de la communion avec le peuple mozambicain. On notera surtout que nos deux héros ont choisi non pas seulement de vivre sur la terre de leur enfance, mais de vivre d’abord avec ces peuples que leurs parents ou leurs proches considéraient comme inférieurs, afin de partager l’humanité dont chaque être est porteur.

    Une bien belle manière qu’ont le roman de Vieira et de film d’Aldo Zee de renvoyer le racisme à sa triste et brutale stupidité. Une autre manière aussi de penser la post colonisation.

    Ne serait-ce pas l’une des leçons de la littérature et du cinéma lusophones, que cette façon d’envisager les séquelles de la décolonisation : moins sous l’angle de la perte de la terre chérie que sous celui des richesses que l’autre, celui que l’on était venu coloniser, est susceptible de vous apporter dès lors qu’on s’ouvre à lui ?

 

                                                André Gardies

 

1) Celles d’un Colloque dont j’assurai la co-direction avec Jacques Gerstenkorn (à Cerisy-la-Salle en 1999) et où l’on s’interrogeait sur les effets de subjectivité au cinéma : Le Je à l’écran (actes publiés chez L’Harmattan, 2006).